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Polémiques à Tout Vent

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Dans notre précédent article, nous relations les différentes erreurs de procédure et les méthodes peu respectueuses des règles démocratiques utilisées par Bernard Gillarès, Maire de Buire-le-Sec depuis 2001, pour faire adopter la création d’une Zone de Développement Eolien (Z.D.E) par son Conseil Municipal.

La récente délibération du Conseil Communautaire de la Communauté de Communes du Val de Canche et d’Authie (C.C.V.C.A) de renoncer aux 2 projets de Z.D.E sur son périmètre et le vote défavorable de la population puis du Conseil Municipal de Campagne-les-Hesdin remettent fortement en cause la création de celle prévue sur le plateau traversant les territoires de Brimeux, Buire-le-Sec et Campagne. La décision finale relevant de l’autorité Préfectorale semble pour le moment bloquée.

Ulcéré par cette dernière délibération issue de la nouvelle assemblée communautaire, nous apprenons dans l’abeille-de-la-ternoise-du-29-janvier-2009, que M. Gillarès, par ailleurs Vice-président de la C.C.C.VA, fait partie des protagonistes à l’initiative de la création d’une Association de défense des projets éoliens sur le canton de Campagne-les-Hesdin ayant pour nom « Atout Vent Val-de-Canche et d’Authie »

Il est intéressant de s’attarder sur les véritables intentions d’Atout Vent et les moyens de propagande qu’elle entend utiliser. Les arguments pro-éoliens développés par cette association sont bien entendu contestables et mettent notre village au centre d’une véritable polémique.

Les véritables intentions d’Atout Vent

L’assemblée constitutive de l’Association Atout Vent a eu lieu le vendredi 30/01/09 au café de M Gillarès. Comme la date de cette réunion figurait dans la presse, certains élus et acteurs associatifs anti-éolien ont voulu assister à cette réunion mais ont été priés de sortir.

L’association Atout Vent revendique une cinquantaine de membres alors qu’ils n’étaient qu’une dizaine présents à cette 1ère réunion.

Cette association est affiliée à la Fédération « Planète éoliennes » derrière laquelle se cache promoteurs et société d’exploitation d’éoliennes. Sur le site internet de cette dernière, toutes les démarches sont expliquées pour créer son association pro-éolienne avec statut type, formulaires de déclaration et outils de propagande disponibles en ligne.

On peut lire dans la presse que les objectifs avoués d’Atout Vent est de « défendre l’implantation d’éoliennes sur le Canton de Campagne-les-Hesdin » et de « rééquilibrer le tout dans la tête du Préfet ».

Avec les votes récents de la C.C.V.C.A et de la Commune de Campagne, la création d’une Zone de Développement Eolien (Z.D.E) semble compromise. Rappelons que la Loi programme n°2005-781 du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique (Loi P.O.P.E.), a introduit le principe de création de ZDE pour permettre aux éoliennes qui y sont situées de bénéficier de l’obligation d’achat par E.D.F à 8.2 c€/kWh pour 10 ans et puis 2.8 à 8.2 c€/kWh modulé en fonction du nombre d’heures de fonctionnement pour les 5 ans suivants. Une Z.D.E est proposé par un E.P.C.I comme une Communauté de Communes.
Mais depuis le mois de mars 2008, il est à nouveau possible d’implanter des éoliennes hors Z.D.E. Dans cette hypothèse, la commune peut être à l’initiative de la création d’un parc éolien sans que celui-ci soit inclus dans le périmètre d’une Z.D.E. Le rachat de l’électricité se ferait alors par un autre opérateur qu’E.D.F sans bénéficier par conséquent des tarifs avantageux de celui-ci.

Comme les permis de construire des 12 éoliennes du plateau de Campagne ont déjà été déposés en Préfecture, nous pouvons légitiment pensé que le but de certains élus composant l’association Atout Vent n’est pas seulement de défendre en Préfecture la création d’une Z.D.E sur un périmètre donné mais aussi de défendre l’implantation d’éoliennes hors Z.D.E sur leur propre territoire même si l’ensemble des communes voisines y sont hostiles.

Pour démontrer qu’une majorité d’habitants du Canton sont favorables à l’implantation d’éoliennes, l’Association Atout Vent a l’intention d’imprimer 4000 exemplaires d’une pétition qui sera distribuée sur l’ensemble du Canton accompagnée d’une enveloppe T pour retourner le document.

On ne peut que s’étonner des moyens financiers dont dispose cette association qui vient de se créer et ne compte qu’une poignée d’adhérents. Qui par conséquent va financer cette opération de communication ? Le Promoteur ? La Fédération Planète Eolienne ? ou la Mairie de Buire-le-Sec, siège social de l’Association Atout Vent?

Il sera de toute façon difficile d’accorder un quelconque crédit à ce genre de pétition émanant d’élus qui peuvent avoir une influence directe sur leurs administrés. Il sera également impossible de vérifier dans quelles conditions ont été signées ces pétitions !!!

Les principaux arguments de l’association « Atout Vent » et de sa Fédération

« Un parc de 24 éoliennes (Buire-le-Sec & Aix en Issart) rapportent 600 000 € par an ». Les promoteurs font croire aux communes et aux communautés de communes que l’éolien représente une manne financière pérenne grâce aux recettes supplémentaires de Taxe Professionnelle. Or, le Président de la République vient d’annoncer la suppression de cette taxe dès 2010. Si les éoliennes sont concernées par cette suppression, les sociétés d’exploitation d’éoliennes augmenteront leurs profits et les éoliennes ne créeront aucune richesse supplémentaire pour la Communauté de Communes. Il faut noter aussi que dans les intercommunalités où sont déjà implantées des éoliennes, les contribuables n’ont bénéficié d’aucune baisse de leurs impôts locaux.
Le Maire a bien présenté au Conseil Municipal lors de sa réunion du 24 octobre 2007 un courrier du promoteur d’InnoVent, Grégoire Verhaeghe, qui promet aux conseillers municipaux de Buire la somme de 3000 € par éolienne et par an pour une durée de 15 ans. Mais le versement de ces sommes ne peuvent se faire qu’en dehors d’un cadre légal et ne saurait par conséquent se traduire en engagement contractuel !!!

« La société d’exploitation des parcs éoliens aura pour obligation d’assurer le démantèlement des éoliennes en cas de cessation d’activité». Les garanties de démantèlement des éoliennes sont effectivement écrites à l’article L553-3 du Code de l’environnement, adopté en 2005. Cependant, le décret fixant les modalités des garanties financières, bien qu’annoncé par cet article n’a jamais été édicté. Aucune règle ne contraint donc l’exploitant à bloquer les fonds nécessaires pour remettre le site en état à la fin de l’exploitation. Si l’exploitant éolien se trouve en situation de faillite, qui devra assumer cette charge ? Pour contester la gestion de son prédécesseur, le Maire de Buire se plait à répéter en Conseil Municipal ce qu’on lui a appris : le propriétaire du sol est également propriétaire des constructions et installations édifiées sur celui-ci. Dans le cas d’un parc éolien, il reviendrait donc au propriétaire du terrain agricole de financer la remise en état du site. Pour éviter que les propriétaires agricoles se retrouvent en difficulté financière, la Communauté de Communes ou la Commune (en cas de parc éolien hors Z.D.E) se verrait alors contrainte de prendre à sa charge ces frais. Le coût de démantèlement par éolienne de 3 Mwh pourrait s’élever jusqu’à 450 000 €, ce qui représenterait une somme totale de 5 400 000 € pour le parc des 12 éoliennes de Buire, somme équivalente à 9 années de gains escompté par Atout Vent pour la collectivité.

« Les éoliennes sont très belles… » Certains peuvent juger les éoliennes esthétiques mais comme on dit familièrement « les goûts ne se discutent pas ». On peut aussi apprécier l’architecture d’un ensemble de 2 éoliennes au détour d’un trajet en voiture mais s’en lasser très rapidement lorsqu’on se retrouve avec un champ d’éoliennes visibles de ces fenêtres tout au long de l’année.

« La nouvelle génération d’éolienne ne fait pas plus de bruit que celui des feuilles dans un arbre ». Tout dépend de la distance par rapport aux habitations. Or comme pour le reste du projet, aucune information précise n’a été communiquée à la population. Quelque soit cette distance, là où sont déjà implantées des éoliennes, des témoignages de riverains démontrent que le bruit sera toujours plus ou moins perceptible en fonction de la direction du vent et que les éoliennes provoquent parfois des vibrations.

« …il vaut mieux ça qu’une centrale nucléaire » Même si les éoliennes fonctionnent sans rejeter de déchets toxiques, il est inconcevable de faire le parallèle avec une diminution des déchets nucléaires puisque le développement des centrales nucléaires n’est absolument pas remis en cause en France. Au contraire, le gouvernement a même annoncé récemment la construction d’un nouveau réacteur nucléaire de type EPR à Flamanville (76). Les éoliennes représentent moins de 1% de l’électricité produite en France et ne fonctionnent que de matière intermittente, elles sont donc bien loin pour le moment de pouvoir se substituer aux centrales nucléaires.

« L’éolien…c’est du recyclable et l’utilisation d’une ressource inépuisable, le vent..». La production électrique en France ne représente que 5,6% des gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. L’impact des éoliennes en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique sera donc nul voire négatif puisque il est nécessaire de solliciter des centrales à énergie fossiles pour fournir de l’électricité sans interruption quand le vent baisse où lorsque les éoliennes sont à l’arrêt.

« Les éoliennes ne posent aucun problème de sécurité ». Or, comme le montre l’article ci-dessous et comme le site www.adeva-villebeon.org, une éolienne s’est effondrée à Bondues en 2006 dans l’enceinte d’une entreprise appartenant à Pierre Gaveau, co-associé du promoteur d’InnoVent, M Verhaegue, alors que le vent ne soufflait qu’à 90 km/h ! Comme le relate le site eoliennes.over-blog.com, une autre éolienne, assemblée par InnoVent au Portel en 2004, a eu ses pales d’éoliennes arrachées.

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« les éoliennes vont profiter au tourisme… » Pourquoi les quelques touristes intéressés viendraient-t-ils voir celles de Buire plutôt que celles de Widehem, Fruges ou Chepy ? A l’inverse, combien de touristes amateurs de notre patrimoine paysager perdus?

« 80% de la population française est favorable aux éoliennes ». On ne connaît pas l’échantillon représentatif de ce sondage mais celui-ci n’est probablement pas constitué par les riverains concernés. D’autres enquêtes montrent qu’une large majorité de français sont contre les éoliennes.

La Polémique

La participation de 2 élus du bureau du Conseil Communautaire a une association de défense pro-éolienne a bien évidemment fait réagir la quasi-totalité des maires du canton qui ont diffusé une lettre ouverte dans la presse où il dénonce le « parfum de schisme et de déni de démocratique » (Voir article du Journal de Montreuil du 04 fevrier 2009).

Cette réaction dépasse les clivages politiques traditionnels du canton puisque M. Gillarès appartient à la majorité communautaire et que les maires signataires sont en grande majorité ceux qui lui ont permis d’être élu Vice-Président de la C.C.V.C.A.

Comme on peut le lire dans l’abeille de la Ternoise du 29/01/2009, un élu du Conseil Communautaire va même jusqu’à s’interroger sur le maintien de l’intéressé à son poste de Vice-Président et qualifie l’association Atout Vent de « d’association de défense des intérêts privés ».

Le déni démocratique évoqué est celui du non respect du dernier vote du Conseil Communautaire qui avait été précédé d’un débat. On pourrait également y ajouter le refus du Maire de Buire de consulter directement la population de sa commune directement concernée par l’implantation d’éoliennes alors qu’il s’apprête à diffuser une pétition pro-éolienne dont nul ne pourra vérifier la validité des réponses reçues.

Comme nous pouvons le lire dans la Voix du Nord du 01/02/2009, les membres de l’Association Atout Vent sont parfois ceux qui bénéficieraient directement des retombés économiques des éoliennes comme son président Bernard Boutin, par ailleurs Adjoint au Maire de Buire depuis 2001.

Peut-il être par conséquent totalement crédible lorsqu’il annonce défendre « d’abord l’intérêt communautaire » ?

Même si M. Boutin ne nie pas être directement concerné par les éoliennes, il balaye cette remarque en arguant qu’il « serait trop grave d’être contre » les éoliennes pour « des jalousies mal placées ». Face aux critiques légitimes de ceux qui s’inquiètent des effets sur le cadre de vie des habitants et des effets contre productifs des parcs éoliens, on peut mesurer la largeur d’esprit de cette réflexion…

Conclusion

La création d’une association pro-éolienne dont fait partie activement le Maire de Buire et qui est présidée par son adjoint au Maire directement concerné par le projet place notre village au cœur d’une polémique en raison du non respect d’un vote communautaire, de la méthode utilisée, des arguments avancés et de la défense d’intérêt privés divers au nom de l’intérêt général.

Lors de ses vœux en date du 23/01/09, le Maire a bien parlé des affaires courantes comme la toiture de l’école mais absolument rien au sujet des éoliennes, dossier autrement plus important.

On peut encore une fois s’indigner de l’ignorance dans laquelle est maintenue les habitants de Buire-le-Sec depuis des années concernant le projet éolien alors que le Maire n’hésite jamais a communiqué lorsqu’il s’agit d’évoquer des dossiers anciens.

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